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La mort de Balzac

La mort de Balzac et la trahison de son épouse vus par Octave Mirbeau

Balzac agonisait pendant que sa femme accueillait dans son lit son amant, le peintre Jean Gigoux. C'est le récit qui a fait scandale au début du 20 ème siècle. Un tel scandale que l'éditeur décida de le supprimer lorsqu'il publia La 628-E8 récit d'un voyage en Europe d'Octave Mirbeau le journaliste et pamphlétaire français, auteur de pièces de théâtre à succès dont l'une d'entre elles Le journal d'une femme de chambre fut adapté au cinéma par Luis Buñuel.

La mort de Balzac: son épouse passait la nuit avec son amant alors que Balzac agonisait

La 628-E8 était le récit d'un périple automobile- une grande première à l'époque- en Belgique, Hollande et Allemagne, mais la partie qui fit scandale fut celle que Mirbeau consacra à la mort de l'auteur de la Comédie Humaine qui agonisait seul dans une odeur fétide alors que sa femme, la célèbre Madame Hanska, partageait son lit à quelques mètres de là, avec son amant le peintre Jean Gigoux.

A la sortie de 628-E8, l'épouse d'Honoré de Balzac n'était plus de ce monde, mais Mirbeau ignorait que sa fille était encore en vie. Celle ci exigea et obtint la suppression du récit. C'est donc ce passage que les Éditions de l'Herne rééditent dans leur collection Carnets qui proposent toujours en général de petits textes passionnants

La mort de Balzac: la description sans pitié de sa relation avec Madame Hanska

Cette mort de Balzac ne fait pas exception. Par le portrait incisif que Mirbeau fait du grand écrivain et de son agonie, par la description sans pitié de sa relation avec Mme Hanska. Tout ceci est fascinant.

Même le truculent Pierre Georges Castex, éditeur de Balzac, dans la collection la Pléiade, de chez Gallimard, ne parle pas de cette horrible agonie et de la trahison de la comtesse dans son célèbre manuel de littérature. " A plusieurs reprises, écrit Castex il est allé rejoindre Mme Hanska, à Dresde ou en Ukraine; en Mars 1850, il l'épouse;mais quelques mois plus tard, il meurt à Paris, épuisé par le travail". Pas un mot de l'horrible agonie de ce géant des lettres.

La mort de Balzac, racontée par le journaliste Mirbeau

" N'eussent été le bruit de sa gorge et le gargouillement de son nez, on l'eut cru déjà mort. Le drap était tout mouillé de la sueur soudaine, fétide, qui lui ruisselait du visage et de tout le corps". Et le journaliste Mirbeau publie le témoignage de la garde malade: "Monsieur a au bout de chaque doigt une énorme goutte de sueur que le drap pompe et qui se renouvelle sans cesse...On dirait qu'il se vide, surtout par les doigts". Et Mirbeau en rajoute dans l'horreur:" Quand le lendemain de sa mort,les mouleurs vinrent pour mouler le visage de Balzac, ils furent obligés de s'en retourner...bredouille...la décomposition avait été si rapide que les chairs de sa face étaient toutes rongées...Le nez avait entièrement coulé sur le drap".

Jean Gigoux l'amant de l'épouse de Balzac se souvient avec dégoût de ces moments. Je sentais que ce que je faisais n'était pas bien, confie t-il à Mirbeau, mais voilà, "l'homme est un sale cochon. Voilà ce que je sais..Un sale cochon".

Octave Mirbeau. La mort de Balzac. L'Herne. Collection Carnets

 

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La mort de Balzac par Octave Mirbeau





 

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