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Vilma Fuentes: une galerie de personnages, plus improbables les uns que les autres...

Des personnages déjantés gravitent autour d'un ancien président mexicain dans un monde onirique où il est devenu impossible de distinguer entre le présent, le passé et le futur.
Vilma Fuentes. Les Greffiers du diable. Actes Sud.
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Un plaidoyer contre la terreur comme instrument politique

En Colombie« le plus nocif pour la santé des hommes, n'est pas la faim, ni la diarrhée ou la malaria, ni les virus ou les bactéries, ni le cancer ou les maladies respiratoires et cardiovasculaires. Le pire agent de nuisance, celui qui occasionne le plus de morts parmi les citoyens du pays ce sont les autres êtres humains. Et cette plaie (…) a le visage typique de la violence politique ».Ce livre, écrit Mario Vargas Llosa dans une très belle préface est « l'un des plaidoyers les plus éloquents jamais écrits contre la terreur comme instrument politique »L'oubli que nous serons de Hector Abad est un plaidoyer contre la terreur comme instrument politique.Ab.
Hector Abad. L'oubli que nous serons. Gallimard
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Littérature latino-américaine-Vénézuela
Alberto Barrera. La maladie.

On croit commencer un énième roman sur le cancer la maladie, et la mort, mais «La Maladie» du vénézuélien Barrera fait monter très rapidement le suspense, et l’angoisse, et plonge le lecteur en plein cauchemar avec deux intrigues parallèles habilement entremêlées.

Il y a Javier Miranda le père du narrateur qui se meurt d’un cancer et que son fils Andres, médecin, voit mourir. Mais il y a aussi Ernesto Duran, ce malade auquel Andres ne veut pas parler et qui le bombarde de mails. Deux histoires où le talent de Barrera fait monter inexorablement la tension. Le Vénézuélien, par touches successives, nous plonge dans l’horreur de la mort et une atmosphère angoissante qui rappelle Kafka. Le père du médecin meurt dans les bras de son fils sans que celui-ci ne puisse rien faire pour alléger ses souffrances et Ernesto Duran cet Ernesto Duran qui bombarde Andrès de mails, qui est-il vraiment? Un malade qui cherche à parler, un maniaque, un tueur? Les derniers mots de Javier Miranda avant de mourir seront pour son fils: «Parle-moi, répète t-il. Ne me laisse pas mourir en silence». Parler serait-il l’un des remèdes pour alléger nos souffrances? C’est l’un des autres thèmes du livre. Tout ceci ne fonctionnerait pas, bien sûr, si Barrera n’avait pas le talent réservé à peu de romanciers de nous faire rentrer dans la tête des personnages. Pour décrire l’accident d’avion qui a coûté la vie à la mère d’Andres, il préférera ainsi revivre le cauchemar qui a hanté les nuits de son fils et la scène sera d’autant plus horrible qu’elle est absurde. L’avion s’est écrasé en mer, sa mère est en maillot deux pièces orange,et frappe hublot et carlingue pour sortir de l’appareil. A l’extérieur, « tout n’est qu’eau très sombre, une pénombre liquide dans laquelle le regard se perd».

La tension monte sans répit tout au long de ce roman de 183 pages soutenue par la menace de ce mystérieux Ernesto et la lente agonie de Javier Miranda. « Je sens mauvais» dit-il à son fils « C’est comme si j’étais déjà en train de pourrir de l’intérieur(..)J’ai une odeur étrange, comme d’ammoniaque ou un truc de ce genre. J’ai beau faire ma toilette, j’ai toujours cette odeur». On est soulagé de fermer le livre bien plus efficace que beaucoup de thrillers.
Laurent Rochard

Alberto Barrera Tyszka. La maladie. Gallimard.

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