Mario Vargas Llosa: le rêve du Celte

Un portrait romancé de Roger Casement.

Roger Casement, ce diplomate britannique dont Vargas Llosa fait le portrait romancé dans Le rêve du Celte ( Gallimard), s’était réjoui en 1885 lorsque les quatorze puissances occidentales qui participaient à la conférence de Berlin avaient gracieusement donné à Léopold 2 de Belgique deux millions et demi de kilomètres carrés du Congo avec ses vingt millions d’habitants pour qu’il «ouvre ce territoire au commerce, abolisse l’esclavage, civilise et christianise les païens». Mais il déchantera rapidement lorsqu’il découvrira au cours d’une mission d’enquête les horreurs commises par la puissance coloniale.

Un catalogue d'atrocités

La Belgique avec sa «force d’ordre» composée de deux mille soldats de l’armée régulière aidés par une milice de dix milles indigènes se rend coupable des pires exactions pour contraindre les habitants à exploiter pour son compte l’ «or noir» des forêts congolaises, le caoutchouc. « Pouvait-on appeler civilisateurs ces brutes de la Force Publique qui volaient tout ce qu’ils pouvaient dans les expéditions punitives? (...) il aurait pu compter sur les doigts de la main les Européens qui ne traitaient pas les Nègres comme des animaux sans âme, que l’on pouvait tromper, exploiter, fouetter, voire tuer, sans le moindre remords». Les indigènes sont fouettés, on leur écrase les parties génitales, et on leur coupe même les mains. Vargas Llosa ne nous épargne rien.

Pas de souffle romanesque

Le récit de ces atrocités continue lorsque Casement se rend en Amazonie pour enquêter sur les exactions d’une compagnie caoutchoutière anglaise, la Peruvian Amazon Company, cotée à la bourse de Londres. Pour mater les indiens,et donner une «bonne leçon» à ces «sauvages», les administrateurs de la compagnie les jettent dans ses sacs imbibés de pétrole auxquels ils mettent le feu. Ceux qui réussissent à échapper aux flammes sont achevés au revolver. Sur les quelque 500 pages du roman, les trois quarts sont ainsi consacrées à relater des horreurs. Le style du romancier est toujours d’une belle limpidité et ces atrocités sont répugnantes, mais le lecteur est peu à peu envahi de lassitude car il n’y a pas, dans ce livre, de souffle romanesque. A trop vouloir enfoncer le clou, l’auteur finit malheureusement par lasser.

Casement devenu nationaliste irlandais recherchera l’appui des Allemands pendant la première guerre mondiale et sera condamné à mort.
Mario Vargas Llosa. Le rêve du Celte. Gallimard.

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Dean Koontz. Un type bien. Editions Jc Lattès.