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Le vrai visage de Raul Castro

Des dizaines d’hommes faits prisonniers par l’armée cubaine lors de l’invasion manquée de la Baie des Cochons sont entassés dans un camion frigorifique hermétiquement clos pour être transportés à La Havane. Lorsque le camion arrive enfin dans la capitale cubaine et que les portes s’ouvrent on découvre neuf cadavres parmi les survivants.
Cet épisode tragique, rapporté par Jacobo Machover dans son dernier ouvrage « Raul & Fidel, la tyrannie des frères ennemis » chez François Bourin Editeur, éclaire la personnalité du cadet de la famille Castro, un homme resté longtemps dans l’ombre avant de jouer, bon gré mal gré, les premiers rôles depuis que son frère, malade et sans doute atteint de démence sénile, n’est plus en mesure de les assumer.

Des prisonniers entassés dans un camion sans aération

Raul Castro ne commandait pas les troupes qui le 17 avril 1961 repoussèrent le désastreux débarquement de la Baie Cochons, commandité par la CIA. Mais il arriva rapidement sur les lieux pour s’occuper de la répression. L’idée d’entasser des prisonniers dans un camion sans aération était la sienne.
Raul, aussi petit que son frère est grand, aussi imberbe que son frère est barbu, s’est longtemps chargé des basses œuvres de la révolution pendant que son aîné, intarissable, pérorait sur ses mérites imaginaires. Un portrait de Staline a longtemps trôné dans le bureau de Raul, grand admirateur du « petit père des peuples et qui, rappelle Jacobo Machover, a été le principal promoteur du « goulag » cubain, baptisé UMAP (Unités militaires d’aide à la production) sous les tropiques et où furent concentrés tous les « déviants » : homosexuels, Témoins de Jéhovah, adeptes des religions afro-cubaines, catholiques pratiquants, jeunes aux cheveux longs voire même des fans des Beatles.
Jaloux de ceux que Fidel aurait pu lui préférer, il s’est souvent employé à écarter ses rivaux potentiels. « Qu’il aille se faire foutre l’Argentin ! », a-t-il déclaré à l’agent secret Juan Vives quand celui-ci lui a demandé s’il ne fallait pas monter une opération pour exfiltrer de Bolivie Che Guevara sur le point d’être capturé.
Complexé par sa taille, son manque d’éloquence et de charisme par rapport à un frère qui a toujours renvoyé une image en tous points inverse, porté sur la boisson -en particulier la vodka- Raul a accumulé les handicaps, certaines rumeurs évoquant pour expliquer ses névroses une homosexualité qu’il s’est, tout au long de sa vie, employé à refouler.

Le seul but de Raul Castro : la permanence du régime

Serait-il désormais en train de prendre sa revanche sur un frère qui l’a trop longtemps éclipsé ? Pense-il pouvoir réussir là où Fidel a toujours échoué  et remettre sur pied un pays qui ne survit que grâce aux efforts sans cesse renouvelés d’une population sans cesse opprimée.
Depuis que Raul est aux commandes certains observateurs ont cru déceler une volonté de changement. De fait, 178 nouvelles professions ont soudain été « autorisées », certaines telles qu’éplucheur de fruits naturels, réparateur et remplisseur de briquets ou encore collecteur-vendeur de matières premières, portant d’étranges intitulés. En fait, explique Jacobo Machover, « toutes ces activités sont soigneusement répertoriées, pour contrôler les artisans et petits commerçants indépendants, empêchant ainsi par avance un possible développement d’une économie de marché ».
Au final quel est le but poursuivi par Raul Castro ? « La permanence du régime, répond Jacobo Machover, est le seul et unique objectif  (…) au détriment d’un peuple sacrifié sur l’autel des vieilles chimères ».

André Birukoff

Raul & Fidel, la tyrannie des frères ennemis. Jacobo Machover. François Bourin Editeur

JACOBO MACHOVER est l’auteur de La Face cachée du Che (Buchet-Chastel, 2007). Il est né à La Havane en 1954. Exilé en France, écrivain, journaliste, il enseigne à l’université d’Avignon et à l’École supérieure de gestion - Management School de Paris.

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Dean Koontz. Un type bien. Editions Jc Lattès.