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Le privilège exorbitant du dollar


Alors que l’économie américaine bat de l’aile le dollar reste pour l’ensemble de la planète la monnaie de référence. Un paradoxe ? Pas vraiment. Ce n’est que la conséquence de ce que Valéry Giscard d’Estaing avait appelé au début des années soixante « le privilège exorbitant » du billet vert qui pour le monde entier reste la seule monnaie de réserve internationale.
C’est cette formule de VGE que Barry Eichengreen a choisi comme titre de son dernier ouvrage, publié en français chez Odile Jacob. Professeur d’économie et de sciences politiques à Berkeley, ancien conseiller au FMI, Barry Eichengreen utilise un langage simple et un style enlevé pour guider le lecteur à travers les arcanes de l’économie globalisée, des théories monétaires aux mécanismes de plus en plus compliqués utilisés par les ténors de la haute finance.
Au passage il se livre également à un travail d’historien en retraçant l’histoire du dollar depuis l’indépendance des Etats-Unis jusqu’à la création de la FED (Federal reserve system) en 1913, élément fondamental de la domination mondiale du dollar.

La redoutable force de frappe du billet vert


Pour exprimer la redoutable force de frappe du billet vert, quelques exemples suffisent. Le dollar est utilisé dans 85% des opérations de change dans le monde, environ 45% des obligations internationales sont libellées en dollars, l’OPEP continue à fixer en dollars le prix de son pétrole et près de trois quarts de tous les billets de 100 dollars circulent hors des Etats-Unis.
Mais les Etats-Unis pourront-ils conserver indéfiniment leur « privilège exorbitant» ? Rien n’est moins sur car depuis la fin de la 2è guerre mondiale le panorama économique mondial a bien changé. L’Europe et le Japon se sont redressés tandis que depuis quelques années on assiste à une irrésistible montée en puissance de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Dans le même temps les Etats-Unis ont montré leurs faiblesses avec en particulier la crise de 2008 qui a mis en lumière leur grande fragilité financière.

Pour un système monétaire multipolaire


Désormais « aucune raison évidente n’impose que le dollar, monnaie d’un pays qui ne représente plus la majorité de la production industrielle mondiale, soit utilisé pour facturer et régler la majorité ses transactions internationales du monde», explique Barry Eichengreen. La solution qui, selon lui, s’impose est celle d’ « un système monétaire multipolaire» dont les principaux acteurs seront, en plus de l’incontournable dollar, l’euro - s’il parvient à régler la crise qu’il traverse actuellement - et le renminbi ( yuan) chinois.
«Le dollar, monnaie de l’économie la plus importante aux marchés les plus liquides, demeurera le primus inter pares. L’euro monnaie d’une zone monétaire aux dimensions économiques proches de celles des Etats-Unis, deviendra plus attrayant, en particulier à la périphérie de l’Europe, sinon tout de suite, du moins une fois que celle-ci aura réglé ses problèmes. (…) Dans une dizaine d’années le renminbi sera une unité attirante, surtout en Asie, pour les investissements internationaux et les banques centrales », prévoit Barry Eichengreen.
Ainsi, si le dollar sera vraisemblablement appelé à partager son « privilège exorbitant » il n’en gardera pas moins un rôle moteur. A moins bien sur, souligne Barry Eichengreen, que les Etats-Unis répètent les erreurs qui ont conduit à la dernière crise de 2008 et oublient de remettre leurs finances en ordre. Sous peine de ne plus jouer les premiers rôles « les Américains devront se serrer la ceinture car ils ne pourront plus consommer et investir chaque année 1.000 milliards de dollars de plus qu’ils ne produisent », prophétise Barry Eichengreen.

André Birukoff

« Un privilège exorbitant ». Barry Eichengreen. Odile Jacob

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Miracle en Bohème, de Josef Škvorecký, mort en début d'année a Toronto, paraîtra le 16 février chez Gallimard dans la collection "L'Imaginaire".Le livre est préfacé par Milan Kundera, Né en 1924, Josef Škvorecký était un critique farouche du régime totalitaire au pouvoir en Tchécoslovaquie de 1948 à 1989. Il avait quitté son pays natal peu après l'arrivée des troupes soviétiques en août 1968, pour s'installer au Canada où il enseignait la littérature américaine et anglaise à l'université de Toronto.Grand connaisseur de jazz, traducteur fécond d'Ernest Hemingway, de F. Scott Fitzgerald et de William Faulkner, auteur de plusieurs romans policiers et de scénarios de cinéma, Josef Škvorecký était influencé dans ses créations littéraires par l'occupation nazie et la vie sous le régime communiste.

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