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Drogues de combat

Hercule était invincible, Achille invulnérable, et les légions de César n'ont jamais réussi à venir à bout des valeureux compagnons d'Astérix, dopés comme lui à la potion magique. Le mythe du guerrier indestructible hante sans doute les états-majors depuis que la guerre existe et pour disposer de soldats toujours vainqueurs certains n'ont pas hésité à leur donner un petit coup de pouce, parfois naturel mais le plus souvent purement chimique.

Un coup de pouce chimique

Au XIe siècle, aux confins du Caucase, les Haschischins lançaient des attaques d'une exceptionnelle audace contre leurs ennemis qu'ils tuaient sous l'emprise du haschisch, une version désormais contestée mais qui explique quand même l'origine du mot français « assassin ». Au 16è siècle et de l'autre côté de l'Atlantique certains Indiens du Mexique utilisaient, selon les chroniqueurs espagnols, le cactus peyotl, riche en mescaline, pour se stimuler avant d'affronter les conquistadors.



Au fil des ans la chimie à pris le pas sur les produits naturels et un « bond en avant » a été réalisé au 19è siècle avec la méthamphétamine. Elle est utilisée pendant la IIe guerre mondiale aussi bien par les Nazis, qui l'appellent Pervitin, que par les Alliés, qui l'appellent Méthédrine. Les Allemands la distribuent aux troupes d'élite, aux tankistes, aux aviateurs tandis qu'Hitler l'aurait utilisée en intraveineuse notamment pour soigner son Parkinson.

Methamphétamine

La méthamphétamine, c'est presque la potion d'Astérix. Bien sur elle ne procure pas une force surhumaine mais elle donne de l'énergie, de l'assurance, elle rend agressif et fait oublier la fatigue. Quant aux effets secondaires - dépendance, anxiété, agitation, paranoïa – en période de guerre ils ne comptent pas.
A la fin de la guerre les Nazis étaient sur le point de produire en grande quantité une « drogue miracle» appelée D-IX, un mélange de Pervitin et de morphine qu'ils avaient testé sur des prisonniers du camp de Sachsenhausen les faisant porter des charges de 20 kg sur près de 90 km sans s'arrêter.
Au Japon, la méthamphétamine a été utilisée sous le nom de Philopon aussi bien par les militaires que par les civils tandis qu'en Italie elle apparaît sous le nom de Simpamina D. Les Anglais ont également utilisé la Méthédrine et, selon certains, elle aurait joué un rôle non négligeable pendant la bataille d'Angleterre. Elle aurait en effet permis aux aviateurs anglais de pallier leur infériorité numérique. « La Méthédrine a gagné la bataille », titrera le Times à la fin de la guerre.
Les Russes affirment s'en être toujours tenus à la vodka mais, selon certains, elle aurait souvent été additionnée de cocaïne.
Même si l'Europe est désormais en paix, les théâtres guerriers ne manquent pas. Les soldats américains y tiennent les premiers rôles et selon les milieux généralement bien informés, au moins un sur six a recours à une « drogue psychiatrique ».
L'abus de drogue pourrait ainsi expliquer en partie un grave incident en 2002 en Afghanistan quand des pilotes de chasse américains ont tués plusieurs soldats canadiens qu'ils avaient pris pour des Talibans. L'enquête révéla qu'ils avaient absorbé de la Ritaline, un médicament prescrit pour les maintenir en éveil alors que leurs missions pouvaient durer plus de 12 heures.
André Birukoff

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Nazis:
Les drogues de la Wehrmacht

En 1942, sur le front d e l'est, un groupe de 500 soldats allemands cherche à briser l'encerclement de l'armée rouge. Il fait moins trente, et vers minuit, alors que la troupe tente depuis plusieurs heures de passer les lignes ennemies avec un mètre de neige, de nombreux soldats, épuisés, s'écroulent sur le sol. Nous avons alors décidé de leur donner de la Pervitin, racontera pus tard un médecin militaire, et une demi-heure plus tard, ils commençaient à se sentir mieux et à reprendre la marche. Mais l'infanterie allemande n'a pas été la seule à être gavée de drogue dans les moments difficiles. La «pilule magique», surnommée la pilule de Goering,a été généreusement distribuée aux conducteurs de chars et à la Luftwaffe du Maréchal Goering dont une biographie a été récemment publiée chez Perrin. Les écoliers des jeunesses hitlériennes affectés à la défense aérienne recevaient également leur ration de Pervitin. Vers la fin de la guerre, les Nazis travaillaient d'arrache-pied à une nouvelle drogue encore plus efficace. La nouvelle pilule qui fut testée sur les équipages de certains sous-marins comprenait 5 milligrammes de cocaïne, 3 milligrammes de Pervitin, et 5 milligrammes de Eudokal, un anti-douleur à base de morphine.
Mathieu Dermott


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Cocaïne: la descente aux enfers

Gabriella a sniffé sa première ligne de coke à 14 ans. Presque aussitôt la descente aux enfers a commencé. Dépressions, tentatives de suicide, automutilation, comas éthylique, hospitalisations, désintoxications, rechutes… : elle a parcouru un à une toutes les étapes de l'itinéraire type d'un « accro à la poudre ». Elle a aujourd'hui 21 ans et entrevoit à peine le bout du tunnel.
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