Memoires d'espions

Souvenirs d'agents de la CIA

«Tandis que nous roulons sur la piste le vent enveloppe la queue de l’avion qui se met à tanguer. Au bout de la piste, le moteur gémit et nous décollons à pic. Presque aussitôt, l’appareil amorce son vol en palier à mille pieds. On est tellement bas que je distingue les fils téléphoniques et les vaches dans les champs enneigés. Dès que la pluie se change en neige, je perds le sol de vue, et quand ça recommence à secouer, je cesse d’avoir envie de regarde le paysage».

Des mémoires qui se lisent comme un roman

Ces «Mémoires d’un couple d’agents de la CIA» de Dayna et Robert (Bob) Baer se lisent comme un roman et nous transportent à Athènes, Damas, Beyrouth, Islamabad et autres points chauds de l’actualité. L’un des meilleurs passages est celui ou Bob est obligé de descendre d’innombrables vodkas avec son supérieur hiérarchique et le ministre de la défense kazakh. En fin de journée, le ministre les entraînent dans un salon privé en forme de grotte avec des rochers en polystyrène. Surviennent deux ravissantes créatures d’une vingtaine d’années qui entrent au son d’un enregistrement de New York New York de Tony Bennett. Les agents de la CIA déclinent l’invitation.

Cela ne s'invente pas

Ca ne s’invente pas. De même que la visite de notre agent à un dentiste de Douchanbé au Tadjikistan. « Il a fallu que j’aie un abcès à une dent pour que je découvre aucun appareil de radiographie dentaire à Douchanbé». Le dentiste, un Ouzbek, veut lui arracher toutes les dents. « Je vais vous extraire toutes celles-là» m’annonce-t-il avant de me préciser qu’il n’a pas son pareil pour confectionner des dents en or. Je le crois, écrit Bob, sa bouche en est pleine».

Et l’espionnage là dedans?
La CIA, indique une note en début de volume, « a revu ces pages pour s’assurer qu’elles ne contenaient aucune information classifiée». Le travail a été fait méticuleusement et on n’apprend pas grand chose sur le métier. «Si vous avez besoin d’une ligne téléphonique sécurisée, explique Dayna, la future épouse de Bob, il suffit de prendre une pince et un téléphone, de descendre à la cave et de se raccorder à la ligne d’un voisin. Quand il nous faut une plaque d’immatriculation, nous l’empruntons à un autre véhicule en prenant soin de la rapporter avant que son propriétaire s’aperçoive de son absence». Ou plus loin : « Pendant la formation, on nous enfonçait dans le crâne que mieux vaut abandonner la partie des l’instant où on pense qu’on est sur le point d’être grillé-pris la main dans le sac». Rien de bien fracassant. Le CIA-KGB, de Milton Bearden & et James Risen, chez Albin Michel, est bien plus passionnant.

Les mémoires de Dyana et Robert Baer montrent l’espionnage sous un autre angle. La vie de tous les jours. Un peu comme si un journaliste décidait d'écrire ses mémoires et que son livre soit consacré a 80 % aux difficultés qu’il a rencontrées pour passer sa copie, ou aux libations entre collègues. Après tout, c’est le «métier»...pour les uns comme pour les autres.

Dayna et Robert Baer. Mémoires d’un couple d’agents de la CIA. Jc Lattès.

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William Boyd. L'attente de l'aube. Editions du Seuil.
(en librairie le 3 mai)

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birdyWilliam Wharton. Birdy
Al et Birdy sont inséparables depuis l'école. Al est athlétique, hâbleur, bagarreur. Birdy n'a qu'une passion : les oiseaux. Des années plus tard, alors qu'ils reviennent de la guerre, Al, blessé au combat, est appelé au chevet de Birdy, qui vit prostré dans la cellule d’un hôpital psychiatrique, enfermé dans un mutisme incompréhensible. Dans un monologue intérieur délirant, le rêveur fou ne s'adresse plus qu’à ses oiseaux... Birdy est un livre hypnotique sur l'amitié, le rêve, la guerre, la folie et la beauté. Il a été porté à l’écran par Alan Parker. WILLIAM WHARTON (1925-2008), de son vrai nom Albert du Aime, est né à Philadelphie. Pendant la Seconde guerre mondiale, il s’engage très jeune dans l’armée et est blessé lors de la bataille des Ardennes. Après ses études d’art et de psychologie, il émigre en Europe et s’installe définitivement en France, où il mène une carrière de peintre. Il publie son premier roman, Birdy, alors qu’il est âgé de 52 ans. Ce livre reçoit le National Book Award en 1980 et connaît un succès planétaire.
William Wharton. Birdy. Editions Gallmeister

 


Dean Koontz. Un type bien
Timothy Carrier a l’habitude, après le travail, de venir boire une bière dans la taverne de son ami ; il aime entraîner les clients excentriques dans des conversations amusantes. Mais ce soir, l’homme bizarre assis à côté de lui au comptoir prend Tim pour quelqu’un d’autre, et lui remet une grande enveloppe. Dans chacun de ses romans, Dean Koontz entraîne le lecteur dans des mondes complexes et déroutants, où se mêlent le suspense et le merveilleux. Dans son dernier ouvrage, il retrouve son thème de prédilection : un homme lambda plongé dans une situation extraordinaire, qui va devoir combattre un adversaire redoutable… Après Stephen King, Dean Koontz est l’auteur le plus aimé des Américains. Il a publié près de 50 romans dans le monde entier.
Dean Koontz. Un type bien. Editions Jc Lattès.