Un roman de Ken Follett: la marque de Windfield

Dans l'Angleterre victorienne la plus grande banque de Londres fait faillite.Haine, cupidité, égoïsme et cruauté....

La plus grande banque de Londres fait faillite. Des milliers d'épargnants voient s'envoler toutes leurs économies et se retrouvent au chômage. La menace d'un « krach » sans précédent fait trembler la City de Londres et en Amérique la bourse commence à battre de l'aile... A quelle époque sommes-nous ? En 1929 ? 2008 ? De nos jours ?
Rien de tout cela. Nous n'en sommes en fait qu'à la moitié du 19è siècle. Le capitalisme financier n'en est qu'à ses premiers balbutiements et ses crises endémiques ne sont encore que des maladies infantiles. C'est l'époque où tout est en germe et où tout peut arriver : les succès de l'économie capitaliste font naître de fabuleuses fortunes mais ses inévitables catastrophes les annulent immédiatement.
Dans la « Marque de Winfield », réédité récemment chez Robert Laffont , Ken Follet, grand maître du récit historique, nous fait entrer de plain-pied dans cette époque mythique. Il la fait revivre comme si c'était la nôtre.
Tout commence au collège huppé de Windfield, dans la banlieue de Londres. Les principaux protagonistes assistent à la noyade d'un de leurs camarades. S'agit d'un accident ou d'un meurtre ? Le mystère prend forme et il va peser de tout son poids sur leurs rapports à l'âge adulte. Il y a là Edward, paresseux et veule mais héritier désigné de la fortune des Pilasters, dynastie de banquiers parmi les plus riches d'Angleterre. Il y a aussi son cousin Hugh, le parent pauvre, un jeune homme talentueux qui deviendra un spécialiste hors pair de la finance avec pour unique ambitions de devenir le patron de la banque. Et il y a aussi, Miguel, « Micky », Miranda, le fils d'un grand propriétaire terrien sud-américain qui, comme son père, ne s'embarrassera d'aucun scrupule pour parvenir à ses fins.
Dans l'Angleterre victorienne il y a en germe notre société actuelle et la compétition à fleurets mouchetés entre la banque des protestants Pilasters et celle des juifs Greenbourne n'est pas sans rappeler la rivalité entre les institutions financières de notre époque : Merryl Lynch et Lehman brothers, par exemple. Des banquiers honnêtes côtoient des rastignacs sans scrupules et des aventurières usent de leur séduction et de leurs charmes pour atteindre les sommets de la fortune. «Haine, cupidité, égoïsme et cruauté provoquent fourberies, banqueroutes et meurtres », résume Ken Follet.

Un talent d'historien

Comme à son habitude Ken Follett développe, en marge d'une intrigue à couper le souffle, un talent d'historien. Dans « Le mystère de Windfield », il nous fait découvrir, cette City qui prend forme et deviendra bientôt la première place financière du monde. Il nous promène à Kensington où à côté de terrains vagues poussent déjà de somptueux hôtels particuliers qui feront du quartier l'un des endroits les plus huppés et les plus chers du monde. On va à Goodwood jouer aux courses et surtout on s'encanaille sans retenue dans les bas fonds de la capitale, les endroits louches, les bordels et les coupes gorges. Et l'on assiste dans un mélange de dégoût et d'émerveillement à des jeux interdits comme un incroyable combat entre un chien et des dizaines de rats affamés où des lords côtoient des gueux, les uns comme les autres prêts à miser leur fortune.
Avertissement : il est impossible de reposer ce livre avant de l'avoir lu jusqu'au bout.
André Birukoff


Ken Follett.La marque de Windfield. Robert Laffont.

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Dean Koontz. Un type bien. Editions Jc Lattès.