Nazis : Heydrich : un diable à forme humaine...

Bras droit du Reichsfuehrer SS Himmler, patron du service de sécurité de la SS, de la police criminelle et de la Gestapo, Reinhard Heydrich, mort dans un attentat en 1942, est l'un des plus grands criminels nazis. C'est à Heydrich que l'on doit la mise au point de la détention préventive et des camps de concentration qui permirent de mettre à l'écart et d'éliminer tous les opposants du régime, réels, supposés, ou inventés pour les besoins de la cause. Lui qui transforma son appareil de sécurité en une centrale de planification et d'exécution d'un génocide sans précédent. Lui qui constitua et donna les instructions aux groupes d'extermination sur le front est, lui encore qui lors de la conférence de Wannsee se fit confirmer par Hitler la haute main sur la «politique juive».

On connaît toutes ces horreurs, mais Heydrich n'a curieusement pas trouvé la place qui lui revenait dans l'historiographie du troisième Reich, bien qu'il ait été l'un des plus grands criminels de l'histoire, avec des ambitions démesurées au nombre desquelles figurait même celle de remplacer Hitler par un Führer encore plus parfait - lui en l'occurence. L'une des raisons est sans doute que sa mort dans un attentat en 1942, alors qu'il était protecteur adjoint du Reich à Prague n'a pas permis de le juger à Nuremberg.

La biographie de ce «diable à forme humaine», de Mario R. Dederichs, ancien correspondant du magazine allemand Stern à Washington, Moscou, et Bonn, est passionnante parce qu'elle donne de nombreux repères pour comprendre le cheminement psychologique de ce monstre.

Heydrich était le fils d'un musicien et chanteur d'opéra - admirateur de Wagner - qui avait fondé a Halle, près de Leipzig, un conservatoire de musique. C'est là que le futur nazi, raillé par ses camarades en raison de sa voix grêle et de son rire chevrotant, apprit à jouer à la perfection au piano et au violon. Dans le climat de guerre civile qui règne en Allemagne, le jeune Heydrich combat dans des milices para-militaires pour lutter contre les communistes. Puis il s'engage dans la marine, mais on se moque de son grand nez busqué, de ses yeux de loup obliques, et de sa voix de fausset. Ses camarades notent sa vanité, son contentement de soi, son désir de plaire, sa mollesse, et sa sensibilité maladive. Bête noire de sa promotion, il se retire seul à l'avant du navire école lorsqu'il est trop déprimé, pour jouer des airs mélancoliques avec son violon. Le jeune aspirant n'a aucun ami, son visage s'empourpre lorsque l'on se moque de lui, et il ne sait pas répondre aux railleries. Il se lance à corps perdu dans le sport, devient un as de l'escrime, de la voile, de la natation, de la course de fond, avec le désir de prouver à tous qu'il est le meilleur.
Ces difficultés d'insertion ont été, semble t-il, décisives dans la constitution de sa personnalité. Il devient tellement arrogant qu'il répond dans des termes inappropriés à un tribunal d'honneur de la marine qui l'avait convoqué pour une histoire de femme. Le maintien de cet officier dans la marine du Reich, estime le jury, n'est pas possible. Voila Heydrich rayé des cadres, sans emploi, en pleine crise économique.

Le conservatoire de musique de son père est sur le point de perdre son agrément officiel. On lui propose un poste de moniteur de voile mais il refuse pour ne pas être « larbin de voilier pour les gosses de riche». C'est sans doute dans cette période, pendant laquelle il s'enrole dans la SA, que tous les ressentiments plus ou moins refoulés des dernières années, se cristallisent dans une haine pour autrui à qui il faudra trouver un exutoire: la mise à mort des opposants au régime, des juifs, des «sous-hommes», allié à l'obsession de prouver son excellence dans tous les domaines que ce soit comme pilote sur le front de l'est, avec les prostituées d'un bordel de la SS à Berlin, ou dans l'organisation méthodique de la solution finale. C'est finalement ce sentiment qu'il est le plus fort, le plus intelligent, le plus redoutable de tous les hommes du Reich, qui va le perdre.

A Prague, le Reichsprotektor roule dans une Mercedes 320 décapotable sans précaution particulière et des résistants tchéques l'abattent en pleine ville. Heydrich, notera l'un de ses biographes, Helmut G.Haasis, éprouvait un plaisir presque érotique à risquer la mort. Hitler lui même, en forme de louange, avait dit de lui qu'il était "extraordinairement doué, extraordinairement dangereux".

Mario R.Dederichs. Heydrich. Tallandier


A lire : histoire
Nazis : Nuremberg

C'est à Nuremberg que l'on peut le mieux encore de nos jours découvrir les vestiges des rêves de grandeur du Fuehrer. Speer y construisit le Reichsparteigelaende, le centre de rassemblement pour les manifestations de masse du parti. Sur une esplanade, 130 projecteurs de défense aérienne illuminaient le ciel. D'abord bien détachés, ils se fondaient dans le ciel à une hauteur de 6 ou 8 kilomètres. Commentaire de l'ambassadeur britannique Henderson, cité par Speer dans ses mémoires :" C'était en même temps solennel et beau, on se serait cru dans une cathédrale de glace".
Albert Speer.Au coeur du troisième Reich. Fayard.
Cliquer pour lire la suite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


menu-romans romans-scandinaves Romans allemands romans-francais romans espagnols romans-anglais romans-latino-americains romans americains romans autrichiens romans russes


L'attente de l'aube : le nouveau roman de William Boyd

Vienne 1913. L'empire austro-hongrois est "une soupe de légumes, une grosse salade infecte" où coexistent tant bien que mal autrichiens, hongrois, croates, bosniaques, italiens, et autres ukrainiens. Quant à Vienne, il y coule un fleuve "sombre et puissant...le fleuve du sexe".Un roman tout en finesse à l'ombre du grand Freud. Suite
William Boyd. L'attente de l'aube. Editions du Seuil.
(en librairie le 3 mai)

+Autres romans francais et étrangers



 



nazisme communisme Incas guerre froide espionnage


Histoire: rien ne vient étayer la thèse selon lequel la résistance de l'amiral Canaris à Hitler aurait été un "mythe"

L'historien Pierre Jardin, agrégé d'histoire et docteur d'état en sciences humaines et sociales, s'inscrit en faux contre la thèse d'Eric Kerjean selon lequel la résistance de l'amiral Canaris à Hitler aurait été un "mythe". Eric Kerjean, écrit-il, multiplie dans son ouvrage "Canaris : le maître espion de Hitler" (Perrin) " les erreurs factuelles,et défend ses principales thèses sans apporter beaucoup plus que des affirmations péremptoires qui rien ne vient étayer" Suite


A-lire : histoire
Les Incas

Les Incas sacrifiaient des enfants et étaient de féroces guerriers. Personne n'a jamais retrouvé les trésors qu'ils auraient caché dans les Andes pour qu'ils ne tombent pas dans les mains des conquistadores espagnols. Suite


A-lire : histoire
Nazis : Magda Goebbels, la mère monstrueuse

Magda (future épouse du ministre de la propagande du Reich Joseph Goebbels) n’a pas encore treize ans. La voyante lui demande de couper les cartes de la main gauche, puis elle les dispose méthodiquement en quatre rangs. Elle prend la main de Magda, en étudie attentivement les lignes,et déclare : «Un jour, tu seras une reine de la vie, mais la fin sera terrible». Suite


 

Un choix parmi les nouveaux romans


birdyWilliam Wharton. Birdy
Al et Birdy sont inséparables depuis l'école. Al est athlétique, hâbleur, bagarreur. Birdy n'a qu'une passion : les oiseaux. Des années plus tard, alors qu'ils reviennent de la guerre, Al, blessé au combat, est appelé au chevet de Birdy, qui vit prostré dans la cellule d’un hôpital psychiatrique, enfermé dans un mutisme incompréhensible. Dans un monologue intérieur délirant, le rêveur fou ne s'adresse plus qu’à ses oiseaux... Birdy est un livre hypnotique sur l'amitié, le rêve, la guerre, la folie et la beauté. Il a été porté à l’écran par Alan Parker. WILLIAM WHARTON (1925-2008), de son vrai nom Albert du Aime, est né à Philadelphie. Pendant la Seconde guerre mondiale, il s’engage très jeune dans l’armée et est blessé lors de la bataille des Ardennes. Après ses études d’art et de psychologie, il émigre en Europe et s’installe définitivement en France, où il mène une carrière de peintre. Il publie son premier roman, Birdy, alors qu’il est âgé de 52 ans. Ce livre reçoit le National Book Award en 1980 et connaît un succès planétaire.
William Wharton. Birdy. Editions Gallmeister

 


Dean Koontz. Un type bien
Timothy Carrier a l’habitude, après le travail, de venir boire une bière dans la taverne de son ami ; il aime entraîner les clients excentriques dans des conversations amusantes. Mais ce soir, l’homme bizarre assis à côté de lui au comptoir prend Tim pour quelqu’un d’autre, et lui remet une grande enveloppe. Dans chacun de ses romans, Dean Koontz entraîne le lecteur dans des mondes complexes et déroutants, où se mêlent le suspense et le merveilleux. Dans son dernier ouvrage, il retrouve son thème de prédilection : un homme lambda plongé dans une situation extraordinaire, qui va devoir combattre un adversaire redoutable… Après Stephen King, Dean Koontz est l’auteur le plus aimé des Américains. Il a publié près de 50 romans dans le monde entier.
Dean Koontz. Un type bien. Editions Jc Lattès.