Les populismes en Europe

Le populisme relooké version «patrimoniale» a le vent en poupe en Europe, même si l'extrême droite pure et dure comme «Ataka» en Bulgarie est loin d'avoir disparu.
Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, décrit avec acuité, dans son dernier livre, les racines de ce phénomène. Populismes : la pente fatale (Plon) documente et analyse d'une manière claire et didactique les divers traumatismes qui ont favorisé et continuent de soutenir la progression de ces mouvements.Et il n'y a pas dans ce domaine d'exception française...

Défendre la "Heimat"...

En abandonnant dans de nombreux pays leurs thèses ouvertement racistes, les mouvements d'extrême-droite se sont reconvertis - note Reynié - en partis «fourre-tout» défendant le «patrimoine» supposé de chaque pays face à la mondialisation en général et l'immigration, en particulier d'origine extra-européenne et musulmane. L'idée de la «Heimat» qu'il faut éviter de perdre - terme allemand qui n'a effectivement pas d'équivalent strict en français - séduit ainsi de plus en plus les Européens. La «Heimat» est certes la «patrie» mais plus largement le lieu où l'on retrouve ses racines, et sa manière de vivre. Or le multiculturalisme, lié aux phénomènes migratoires, qui était au départ pour une société - en opposition à l'ethnocentrisme - une façon de reconnaitre et d'organiser les singularités des groupes culturels s'est souvent transformé en raison de l'augmentation de l'immigration extra-européenne en un mouvement revendicatif conservateur visant à conserver les traditions des groupes de migrants, même si celles-ci sont en contradiction avec les lois des pays hôtes. L'exemple le plus spectaculaire étant ces écoles coraniques anglaises, documentées par la BBC, où les professeurs apprenaient aux élèves à appliquer les châtiments corporels prévus par la Charia. Ceux qui ne croyaient pas en l'Islam étaient condamnés au feu de l'enfer et les homosexuels devaient être lapidés à mort,brulés vifs ou jetés du haut d'une falaise.

Trouver une troisième voix entre multiculturalisme et ethnocentrisme ?

L'immigration étant néanmoins nécessaire - selon Reynié - compte tenu de l'évolution démographique de l'Europe ( en 2015, le nombre des décès dépassera celui des naissances), et des exigences des Européens en matière de politique sociale, il conviendra de rechercher une troisième voix entre l'état nation,devenu obsolète, et l'état multiculturel, potentiellement conflictuel. Cela passerait en particulier - selon l'auteur- par le renforcement des consensus sur les valeurs de la démographie libérale et en particulier par la réaffirmation de son attachement aux droits de la personne.

Mais cela impliquerait au moins qu'il puisse y avoir un véritable débat sur ces questions. Or comme le dit très justement Reynié, les professions intellectuelles et médiatiques, ont «exagérément contraint, pour ne pas dire rendu impossible, la formation d'un débat public sur de telles questions, allant jusqu'à donner à penser que la seule expression d'une préoccupation à propos de l'immigration ou de ses conséquences constituait une faute morale». jk

Dominique Reynié. Populismes : la pente fatale. Plon


A-lire: idées
Les totalitarismes.

Les totalitarismes ne se contentent pas de combattre les démocraties « bourgeoises » comme si elles leur étaient étrangères, ils en procèdent et leur lancent un défi qu'elles sont mises en demeure de relever. Le cœur de l'ouvrage est formé par la reconstitution des trois expériences qui méritent le nom de totalitaires au sens strict : le bolchevisme, le fascisme et le nazisme. L'accent est porté sur la dynamique qui les anime, voie royale pour en appréhender l'essence à partir de leurs contradictions intimes. Mais l'intérêt de la perspective est aussi d'éclairer par contraste les transformations profondes qu'a connues la démocratie. Les grandes réformes politiques et sociales d'après 1945 prennent tout leur sens en tant que réponses au défi totalitaire. La « démocratie libérale » telle que nous la connaissons aujourd'hui est issue de cet effort pour surmonter les failles dont se nourrissaient les refus totalitaires. Le XXe siècle n'a pas été seulement le théâtre de tragédies sans exemple. Il a été également le siège d'une réussite aussi méconnue que décisive qu'il n'est que temps de tirer de l'ombre.
Marcel Gauchet . A l'épreuve des totalitarismes. Gallimard. Bibliothèque des Sciences humaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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L'attente de l'aube : le nouveau roman de William Boyd

Vienne 1913. L'empire austro-hongrois est "une soupe de légumes, une grosse salade infecte" où coexistent tant bien que mal autrichiens, hongrois, croates, bosniaques, italiens, et autres ukrainiens. Quant à Vienne, il y coule un fleuve "sombre et puissant...le fleuve du sexe".Un roman tout en finesse à l'ombre du grand Freud. Suite
William Boyd. L'attente de l'aube. Editions du Seuil.
(en librairie le 3 mai)

+Autres romans francais et étrangers



 



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Histoire: rien ne vient étayer la thèse selon lequel la résistance de l'amiral Canaris à Hitler aurait été un "mythe"

L'historien Pierre Jardin, agrégé d'histoire et docteur d'état en sciences humaines et sociales, s'inscrit en faux contre la thèse d'Eric Kerjean selon lequel la résistance de l'amiral Canaris à Hitler aurait été un "mythe". Eric Kerjean, écrit-il, multiplie dans son ouvrage "Canaris : le maître espion de Hitler" (Perrin) " les erreurs factuelles,et défend ses principales thèses sans apporter beaucoup plus que des affirmations péremptoires qui rien ne vient étayer" Suite


A-lire : histoire
Les Incas

Les Incas sacrifiaient des enfants et étaient de féroces guerriers. Personne n'a jamais retrouvé les trésors qu'ils auraient caché dans les Andes pour qu'ils ne tombent pas dans les mains des conquistadores espagnols. Suite


A-lire : histoire
Nazis : Magda Goebbels, la mère monstrueuse

Magda (future épouse du ministre de la propagande du Reich Joseph Goebbels) n’a pas encore treize ans. La voyante lui demande de couper les cartes de la main gauche, puis elle les dispose méthodiquement en quatre rangs. Elle prend la main de Magda, en étudie attentivement les lignes,et déclare : «Un jour, tu seras une reine de la vie, mais la fin sera terrible». Suite


 

Un choix parmi les nouveaux romans


birdyWilliam Wharton. Birdy
Al et Birdy sont inséparables depuis l'école. Al est athlétique, hâbleur, bagarreur. Birdy n'a qu'une passion : les oiseaux. Des années plus tard, alors qu'ils reviennent de la guerre, Al, blessé au combat, est appelé au chevet de Birdy, qui vit prostré dans la cellule d’un hôpital psychiatrique, enfermé dans un mutisme incompréhensible. Dans un monologue intérieur délirant, le rêveur fou ne s'adresse plus qu’à ses oiseaux... Birdy est un livre hypnotique sur l'amitié, le rêve, la guerre, la folie et la beauté. Il a été porté à l’écran par Alan Parker. WILLIAM WHARTON (1925-2008), de son vrai nom Albert du Aime, est né à Philadelphie. Pendant la Seconde guerre mondiale, il s’engage très jeune dans l’armée et est blessé lors de la bataille des Ardennes. Après ses études d’art et de psychologie, il émigre en Europe et s’installe définitivement en France, où il mène une carrière de peintre. Il publie son premier roman, Birdy, alors qu’il est âgé de 52 ans. Ce livre reçoit le National Book Award en 1980 et connaît un succès planétaire.
William Wharton. Birdy. Editions Gallmeister

 


Dean Koontz. Un type bien
Timothy Carrier a l’habitude, après le travail, de venir boire une bière dans la taverne de son ami ; il aime entraîner les clients excentriques dans des conversations amusantes. Mais ce soir, l’homme bizarre assis à côté de lui au comptoir prend Tim pour quelqu’un d’autre, et lui remet une grande enveloppe. Dans chacun de ses romans, Dean Koontz entraîne le lecteur dans des mondes complexes et déroutants, où se mêlent le suspense et le merveilleux. Dans son dernier ouvrage, il retrouve son thème de prédilection : un homme lambda plongé dans une situation extraordinaire, qui va devoir combattre un adversaire redoutable… Après Stephen King, Dean Koontz est l’auteur le plus aimé des Américains. Il a publié près de 50 romans dans le monde entier.
Dean Koontz. Un type bien. Editions Jc Lattès.