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Hélène Bravin. Vie et mort d'un dictateur.

20 octobre 2011. Mouammar Kadhafi vient de mourir. En Libye, des tirs de joie retentissent, saluant la fin de quarante-deux ans de dictature. En renversant le roi Idris en 1969, le jeune officier rêvait pourtant de faire passer la Libye de l'ère moyenâgeuse à celle de la modernité en donnant le pouvoir au peuple et en fusionnant avec des pays voisins pour créer, enfin, une grande puissance économique et politique arabe. Il aura finalement laissé son système et ses projets se noyer dans l'anarchie, s'enfonçant lui-même dans la tyrannie.Portrait d'un homme à la fois idéaliste et opportuniste, féodal et moderne, civiliséet barbare. L'incarnation moderne d'un personnage shakespearien. L'auteur de ce portrait, Hélène Bravin est journaliste, spécialiste dans les questions politiques et économiques liées au Maghreb.

Hélène Bravin. Vie et mort d'un dictateur. François Bourin Editeur.


Le retard numérique de l'Europe


Pourquoi l'Europe est-elle dépassée par les États-Unis et l'Asie dans le domaine numérique ? Didier Lombard est président du conseil de surveillance de STMicroelectronics, après avoir été P-DG de France Télécom

Didier Lombard. L'irrésistible ascension du numérique. Odile Jacob



A-lire: monde
Russie : autoritarisme et développement économique?

L'autorité -« la verticale du pouvoir » selon le terme qu'affectionne Vladimir Poutine - est-elle la clef de la reprise en Russie  au de la faire apparaître comme un nouveau modèle ? L'hypothèse, selon Jacques Sapir,directeur d'études à l'EHESS, n'est pas totalement absurde. « Dans de nombreux pays du tiers-monde, l'idée que la Russie puisse incarner un modèle de développement, certes capitaliste, mais non soumis au néolibéralisme se développe. André Birukoff
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« La transition russe 20 ans après » Sous la direction de Jacques Sapir. Editions des Syrtes


A lire : monde
Etats-Unis : vers la fin du privilège exorbitant du dollar

Les Etats-Unis pourront-ils conserver indéfiniment le « privilège exorbitant» lié au dollar? Rien n’est moins sur car depuis la fin de la 2è guerre mondiale le panorama économique mondial a bien changé. L’Europe et le Japon se sont redressés tandis que depuis quelques années on assiste à une irrésistible montée en puissance de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Dans le même temps les Etats-Unis ont montré leurs faiblesses avec en particulier la crise de 2008 qui a mis en lumière leur grande fragilité financière. Désormais « aucune raison évidente n’impose que le dollar, monnaie d’un pays qui ne représente plus la majorité de la production industrielle mondiale, soit utilisé pour facturer et régler la majorité ses transactions internationales du monde», explique Barry Eichengreen. La solution qui, selon lui, s’impose est celle d’ « un système monétaire multipolaire» dont les principaux acteurs seront, en plus de l’incontournable dollar, l’euro - s’il parvient à régler la crise qu’il traverse actuellement - et le renminbi ( yuan) chinois.André Birukoff
« Un privilège exorbitant ». Barry Eichengreen. Odile Jacob
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A lire : histoire
La naissance du mythe de Frankenstein

Frankenstein: histoire d'un mythe. Les sources d'inspiration de Mary Shelley, auteur du célèbre roman. Cliquer pour lire la suite

A lire : Russie
Autoritarisme et développement économique

Quatre économistes, 3 Russes et 1 Français nous invitent à revisiter l'histoire économique récente de la Russie et son passage mouvementé du socialisme au capitalisme, un retour en arrière des plus instructifs pour comprendre la Russie actuelle à la veille d'une élection présidentielle dont le vainqueur, Vladimir Poutine, à moins d'un extraordinaire coup de théâtre, est déjà connu.
Sous la houlette de Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS, Alexandre Nekipelov, vice-président de l'Académie des Sciences de Russie et directeur de l'Ecole d'économie de Moscou, Victor Ivanter, académicien et directeur de l'Institut de prévision de l'économie, et Dimitri Kouvaline, chef de département au même institut, reviennent sur cette période clef de la Russie moderne dans un livre intitulé « La transition russe, vingt ans après », publié aux éditions des Syrtes .
Considéré comme une « expérimentation néolibérale » la période de transition qualifiée à juste titre de « traitement de choc » a été lancée en janvier 1992 peu de temps après l'effondrement de l'Urss, entériné le 21 décembre 1991. Le changement systémique qui s'est opéré alors, nous explique Jacques Sapir, a été l'œuvre d'une « pensée radicale et sectaire (…) dont les propres promoteurs occidentaux se sont bien gardés d'appliquer les prescriptions dans leurs propres pays ». Ironie de l'histoire la Russie aura ainsi servi deux fois de laboratoire à des apprentis sorciers, les expérimentations de l'école de Chicago succédant à celles, également inadaptées, des marxistes-léninistes.
Le choc a été d'autant plus brutal qu'après la chute de l'Urss il a fallu tout réapprendre ou tout apprendre : des rapports de propriété à la vente des entreprises en passant par la pratique du bail ou l'actionnariat, explique Alexandre Nekipelov. « La réalité du marché était si difficile à admettre que de nombreux phénomènes importants ont longtemps été ignorés », indique-t-il.

Thérapie de choc et chaos

Mais la « thérapie de choc » n'en a pas moins provoqué un véritable « chaos », marqué par le démembrement de l'Etat et accompagné de privatisations qui favorisèrent un petit groupe d'heureux élus –les oligarques- tout en donnant lieu a un flot de malversations, voire même de crimes. « Faut-il s'étonner si la question de la légitimité de ces fortunes colossales, surgies soudainement à l'époque, reste à l'ordre du jour en Russie ? », interroge Alexandre Nekipelov.
Mais l'expérience néolibérale loin de restaurer l'économie russe, aboutit à la crise financière d'août 1998 quand la Russie se retrouva en défaut de paiement. Douze ans après, cette crise est toujours d'actualité, souligne Jacques Sapir, car elle « apparait comme la récapitulation de celle que connaissent les économies occidentales aujourd'hui », celle de la zone euro en particulier.

La deuxième chance

Heureusement pour la Russie la crise de 1998 lui a donné une deuxième chance. En effet, selon Jacques Sapir, après 1998 le panorama change du tout au tout principalement grâce à la politique du Premier ministre Evgueni Primakov puis de son successeur Vladimir Poutine. L'un puis l'autre vont rétablir l'autorité de l'Etat et parvenir à relancer la croissance avant même que les hausses des prix du gaz et du pétrole ne viennent à leur tour redonner des couleurs à l'économie russe.
L'autorité -« la verticale du pouvoir » selon le terme qu'affectionne Vladimir Poutine - est-elle la clef de la reprise en Russie  au point de la faire apparaître comme un nouveau modèle ? L'hypothèse, selon Jacques Sapir, n'est pas totalement absurde. « Dans de nombreux pays du tiers-monde, l'idée que la Russie puisse incarner un modèle de développement, certes capitaliste, mais non soumis au néolibéralisme se développe. Il n'est pas jusqu'en France ou sous le gouvernement de Dominique de Villepin, la notion de patriotisme économique fut remise à l'honneur entre 2005 et 2007 », estime-t-il.
Un regret : les auteurs n'ont sans doute pas eu le temps d'évoquer les manifestations anti-Poutine d'une ampleur sans précédent qui ont suivi les élections législatives de décembre et leur ouvrage risque ainsi de se trouver en décalage par rapport à l'actualité même s'il ne manque pas de signaler les résistances à la dérive autoritaire et les intimidations systématiques auxquelles les partis d'opposition sont soumis.
André Birukoff


« La transition russe 20 ans après » Sous la direction de Jacques Sapir. Editions des Syrtes