A-lire : histoire
Mur de Berlin : les grandes puissances occidentales étaient au courant....

Les services de renseignements ouest-allemands (BND) ont publié en août 2011, 50 ans après le début de la construction du mur de Berlin, 5000 pages de documents déclassifiés qui prouvent que les pays occidentaux étaient au courant du projet de construction du mur de Berlin alors que leurs dirigeants prétendaient le contraire. " La lecture des documents du BND prouve une chose, note le magazine allemand Focus après avoir eu accès aux documents : la version selon laquelle l'Ouest a été surpris par la construction du mur est un leurre". Le BND fait même état d'une conversation entre l'ambassadeur soviétique à Bonn Andrej Smirnow et le chancelier allemand Konrad Adenauer au cours de laquelle le diplomate avait laissé entendre au chef du gouvernement allemand que les Américains avaient trouvé un accord avec Moscou à propos de la construction du futur "mur de la honte". La RDA travaillait depuis plusieurs années à la fermeture hermétique de sa frontière compte tenu du nombre important d'Allemands qui fuyaient chaque année le paradis communiste ( 3 millions entre 1946 et 1961). Le 15 juin 1961, deux mois environ avant la partition de Berlin, les services de renseignement ouest-allemands avaient même rédigé une note indiquant qu'il fallait s'attendre à une fermeture de la frontière...



La vie et l'oeuvre de l'écrivain depuis ses années de bagne jusqu'à son retour d'exil, dans sa patrie libérée du communisme. Le volume illustré par une très riche iconographie est publié aux Editions des Syrtes sous la direction de Georges Nivat,l'un des traducteurs du dissident.
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Alexandre Soljenitsyne. Le courage d'écrire. Sous la direction de Georges Nivat. Éditions des Syrtes.


A lire.Commmunisme. Aussi surprenant que cela puisse paraître après un bilan aussi désastreux, l'idée d'un communisme révolutionnaire, continue d'agiter un certain nombre d'intellectuels en vue de la scène médiatique.
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A lire.Espionnage. L'affaire Farewell, l'une des plus étonnants épisodes de la guerre froide. Quels sont les meilleurs livres sur cette période?
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A lire: histoire
Le Zippo de la Stasi

Dans le paradis communiste de la République Démocratique Allemande, même les Zippo étaient suspects....

"Ausweis, bitte !". L'ordre claqua derrière mon dos alors que le 13 novembre 1961 - trois mois après la construction du "mur" - j'assistais sur la Stalinallee à Berlin-est aux derniers travaux d'évacuation de la statue de 6 mètres de haut du "Petit père des peuples".
Le gouvernement de Walter Ulbricht avait décidé, après avoir traîné des pieds pendant des années de déstalinisation instaurée par Nikita Krouchtchev , de se débarrasser discrètement et nuitamment d'une statue embarrassante après que la dépouille de Staline ait été retirée elle-même une quinzaine de jours plus tôt du mausolée de Lénine à Moscou.


Deux policiers en civil que j'identifiais comme des membres de la Stasi (police politique de la RDA) m'encadrèrent … Ils portaient des manteaux de cuir qui descendaient jusqu'à leurs mollets, comme ceux qu'avaient pendant la guerre les agents de Gestapo. Ceux-ci, deux jeunes hommes de grande taille, avaient l'air plutôt courtois.
L'un deux sans aménité répéta : "Vos Papiers s'il vous plait".
Surpris, je fouillais dans une poche de ma parka de surplus militaire
pour y trouver mon passeport français en expliquant que j'étais un journaliste de l'AFP et que je faisais un reportage sur cette première scène de déstalinisation en RDA.
Après voir vérifié que mon passeport était en règle, il exigea de voir ma carte de presse et mes accréditations. Toutes mes papiers étaient placés dans un plastique en accordéon qui comportait également ma carte d'officier.
"Vous êtes journaliste ou militaire ?", lança son acolyte d'un ton soupçonneux. Je leur expliquais que j'avais fait mon service militaire et que je n'étais que réserviste. Ils n'eurent pas l'air convaincus.


"Nous ne voulons pas que la presse occidentale monte en épingle cette simple affaire et en fasse des grands titres. Aussi je vous prie de me donner immédiatement les photos que vous avez prises car nous vous observons depuis un moment.
"Des photos ? Mais je n'ai pas d'appareil !
- Si vous en avez un. Nous vous avons vu utiliser un Minox. Les photos sont interdites. Donnez nous cet appareil !"
Je compris alors leur méprise. A cette époque je fumais et après avoir allumé une cigarette, j'avais gardé un moment mon briquet Zippo en main tout en regardant les engins et tracteurs reboucher l'immense trou qui marquait l'emplacement du socle de la statue en pied de Staline qui gisait couché sur le gazon du square.
"Est-cela que vous avez pris pour un Minox ?", leur demandai-je en sortant de ma poche mon Zippo.

Interloqués, ils prirent le briquet qu'il auscultèrent en détail sur toutes ses faces. Les deux agents de la Stasi, visiblement dépités, insistèrent et encore suspicieux, me demandèrent de vider mes poches. J'obtempérai. Je n'avais pas d'appareil photo.
Ils m'invitèrent aimablement ensuite à les suivre et me conduisirent dans une officine proche, un petit bureau triste et sombre meublé style IIIème Reich, où ils prirent des notes sur mon identité et mes numéros de cartes de presse et de passeport.
Puis, libre, je retournai sur la Stalinallee qui avait été en une nuit rebaptisée Karl Marx Allee pour faire faire mon reportage de couleur et d'ambiance.
Je n'ai jamais vu de photos d'archive de la statue de Staline mordant la poussière sur ce square de Berlin-est.
La STASI veillait sans doute.
Et j'ai regretté de n'avoir pas eu ce jour la un appareil photo. J'aurais pu faire un "scoop"….si j'avais échappé à la police politique du gouvernement de Walter Ulbrich.
Bernard Aubert